"La Ligue ne se borne pas à prendre en charge la portion de justice inscrite dans la loi ; elle veut inscrire dans la loi la totalité de la justice." Victor BASCH au Congrès de 1929. Il a été président de la LDH de 1926 à 1944. Il fut assassiné avec sa femme Ilona par la milice française le 10 janvier 1944.

mardi 13 février 2018

La Ldh Corsica apporte son soutien aux journalistes de France 3 Corse menacés et empêchés d'exercer leur mission d’information ce mardi à Ghisonaccia. Nous ne construirons pas une société apaisée sans respect de la liberté de la presse.

dimanche 11 février 2018

Communiqué - Propos injurieux

 " La ligue des droits de l'homme condamne fermement les propos d'une violence extrême, insupportables, méprisants, tenus sur un réseau social, injurieux pour Madame ERIGNAC et pour toutes les femmes.
France 3 Corse Via Stella
Corsenetinfos
Rcfm
Le Monde.fr
Corse-Matin
Nice Matin .com
La Croix

jeudi 8 février 2018

Jean-François CASALTA, membre du bureau de la section, livre son analyse "D'une humiliation républicaine" suite à la venue du président MACRON en Corse

D’une humiliation républicaine

La rencontre n’a pas eu lieu.

La Corse attendait un Président girondin convaincu de la nécessité d’œuvrer à la solution politique d’un demi siècle de conflit, désireux, enfin, de prendre toute sa part à la construction d’une société insulaire apaisée.

Las ! Le Président Macron, autoproclamé du monde « nouveau » fut, pour trop d’entre nous, l’amère madeleine d’un temps que nous pensions à jamais révolu.

Aucune des revendications essentielles du peuple Corse, dont il nie l’existence même, validées par le suffrage universel à quatre reprises depuis décembre 2015, n’emporta son agrément.

La concession d’une inscription de la Corse dans le marbre constitutionnel, au rang du droit commun des régions, n’étant que l’obole consentie à la permanente solitude d’une main tendue.

Si le chef de l’Etat français s’est rendu en Corse les 6 et 7 février dernier, c’est uniquement pour rassurer les siens parmi lesquels on compte, pêle-mêle, la famille du préfet Erignac, Jean Pierre Chevènement, la famille Zuccarelli, Madame Castellani, Monsieur Mondoloni, Monsieur Marcangeli ainsi que tous ceux qui peuvent constituer une opposition à la majorité territoriale et un frein à la propagation, perçue comme virale, des idées nationalistes.

Il devait convaincre qu’« ici on est en France » ! Pour preuve  le nombre impressionnant de drapeaux français et européens dans la salle du centre culturel, et qu’il n’allait pas s’en laisser conter par des séparatistes déclarés ou insincères.

Mais de tout cela, il faut s’accommoder, en étant  persuadé que le travail entamé et à fournir ainsi que les combats à mener sauront venir à bout des résistances les plus farouches. 

L’absence de considération, le mépris, sont des flétrissures autrement plus douloureuses surtout quand elles ne sont pas ressenties personnellement mais par tout un peuple au travers de ses représentants démocratiquement élus.

Monsieur Macron avait peut-être le droit de tout refuser, le droit de passer sous silence le rapprochement des prisonniers politiques malgré la promesse faite la veille  à l’épouse de M.Colonna, celui d’exclure la co-officialité de notre  langue et d’écarter le statut de résident, celui de nous dire que nous étions comptables de nos mauvais résultats et responsables de la spéculation, celui de nous expliquer que le bilinguisme est une vertu, celui de nous annoncer la possibilité prochaine de téléphoner comme ailleurs et de nous offrir le bienfait de la « couverture réseau » comme jadis l’homme blanc jetait de la verroterie aux peuples indigènes, celui de vouloir jouer les apprentis-sorciers en souhaitant adapter les lois « Littoral et Montagne » ; M.Macron avait même le droit de nous expliquer, avec force détails, que la Corse est une île de Méditerranée.
Il avait encore  le droit de venir flanqué d’un ennemi déclaré de la Corse, génial décideur de la mise en place d’un préfet criminel qui commandita l’incendie de plusieurs établissement au prétexte du respect de l’état de droit.

Il avait enfin le droit d’exiger que le drapeau tricolore fut mis au fronton du grand hôtel.

Mais pesaient également sur lui  des obligations ; le respect d’autrui est pour chacun un devoir, fut il chef d’Etat.

De dire qu’il y a des choses qui « ne se plaident pas » pendant une commémoration aux côtés de la famille du défunt et devant l’ancien conseil d’Yvan Colonna, présent  en sa qualité de Président du Conseil Exécutif ; cela, il n’en avait pas le droit.
Refuser de se voir accueilli, à l’assemblée de Corse, par les conseillers territoriaux élus à une majorité absolue par le Peuple Corse, il n’en avait pas le droit.
Faire fouiller de manière humiliante des élus, y compris les  présidents du Conseil Exécutif et de l’Assemblée, qui se rendaient à son allocution, il n’en avait pas le droit.
Interdire que fut placée une seule Bandera  dans la salle de l’Alb’Oru où il prononça son discours, malgré  sa demande  d’un drapeau tricolore à l’assemblée de Corse et oubliant à dessein la Bandera qu’il plaça en arrière-plan à Furiani pour les besoins de sa campagne, il n’en avait pas le droit.
Ne pas réserver de places dans ladite salle pour les conseillers territoriaux, placer les Présidents et le Conseil Exécutif au 5ème rang après les avoir fait patienter debout, une quinzaine de minutes,  sous les regards curieux du public confortablement assis, il n’en avait pas le droit.

D’humilier la Corse en méprisant ses représentants, il n’en avait pas le droit au regard du principe sacré d’un respect dû à tous, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.

Mais loin de nous affaiblir, ce genre de blessure, qu’il faut évidemment relativiser au regard de tous les sacrifices consentis par les militants pendant ces années de conflit et aujourd’hui encore, nous renforce dans nos convictions et dans la pertinence des luttes démocratiques qui restent à mener dans l’intérêt supérieur du Peuple Corse, dont l’immanence réside dans le cœur et l’esprit de tous les habitants de ce pays, qui peut sereinement souffrir, pendant longtemps encore, le dédain de tous les Macron du monde.

JF Casalta

7 février 2018

mercredi 7 février 2018

Alta Frequenza

Visite d'Emmanuel Macron en Corse : la vision de la LDH Corse

Publié le 06/02/2018, 12h20
(Maria Lanfranchi - Alta Frequenza) - Le Président de la République est arrivé en Corse ce mardi afin de rendre hommage au Préfet Claude Erignac, abattu à Ajaccio il y a 20 ans jour pour jour. L’épouse du Préfet a prononcé un discours avant celui du chef de l’Etat. La cérémonie d’hommage s’est déroulée dans la rue Colonel Colonna d’Ornano devant des dizaines d’élus et de représentants de l’Etat. Un discours tranché qui laisse peu de place à la saisie de la main tendue avancée notamment par les élus de la majorité territoriale, trois des quatre députés mais aussi des élus d’autres sensibilités ou représentants de la société civile. Une prise de position, celle d’André Paccou pour la Ligue des Droits de l’Homme de Corse. L’heure n’est plus aujourd‘hui au conflit mais bien à la réconciliation a-t-il dit. Mais pour cela il faut que la volonté de dialogue s’opère des deux côtés de la Méditerranée. D’importants faits démocratiques se sont déroulés en Corse ces dernières années a dit André Paccou, et l’Etat n’a pas le droit de les ignorer.

mardi 6 février 2018

Communiqué de la section - droit à la défense

"La Ligue des droits de l'Homme est interpellée par les propos du Président de la République tenus lors de la cérémonie d'hommage au préfet Claude Erignac ce mardi 6 février.
Alors qu'il affirme la nécessité de l'Etat de droit, il déclare dans le même temps "ce qui s'est passé ici ne se plaide pas". Il semble pour le moins contradictoire d'associer l'Etat de droit et dans le même propos la négation du droit à la défense constitutif du procès équitable et d'une justice démocratique."

Corsenetinfos

Corsicainfurmazione

Le Point

samedi 3 février 2018

Inauguration de la rue Antoine SOLLACARO à Ajaccio : hommage à l'homme qu'il fut, aux côtés des siens

France 3 Corse Via Stella
Corsenetinfos


Texte d'André PACCOU :

"Monsieur le Maire,
Chère Jeanine, Chère Anna-Maria, Cher Paul,
Mesdames et messieurs,

Il y a quelques jours, Monsieur le Maire, vous précisiez dans la presse, le sens que vous souhaitiez donner à cette cérémonie : « Honorer l’homme que fut Antoine Sollacaro ».

Evidemment, l’émotion, la douleur sont toujours présentes. Mais vous avez raison. Il nous faut aller au-delà. Et répondre ainsi au silence de l’institution judiciaire. Ne pas laisser les citoyens s’enfermer dans ce silence avec le risque évident d’une banalisation et de l’oubli.

Il nous faut aller plus loin, dépasser la colère qui nous habite encore et veiller à transmettre ce qu’Antoine nous a légué.

Transmettre notamment son incessant combat contre l’arbitraire, de la cour de sûreté de l’Etat à la loi antiterroriste. Avec Antoine, nous partagions une inquiétude, celle d’une contagion du droit ordinaire par l’exception et des atteintes aggravées contre la justice et la liberté.

Nous partagions aussi le constat d’une justice plus sévère avec les pauvres. Antoine n’a jamais hésité à défendre certains d’entre eux sans rien leur demander en retour parce qu’être avocat, c’était pour lui, protéger les plus faibles, qu’ils soient d’ici ou qu’ils viennent d’ailleurs.

Le racisme lui était insupportable. Et lorsque certains fantasmaient sur une Corse pure, alors il se mettait à gronder « Corses, seriez-vous à ce point abâtardis, que vous soyez devenus insensibles au malheur des autres ».

Ces plaidoiries avaient la même force. Elles interpellaient les consciences bien au-delà du prétoire. Antoine avait l’âme d’un dreyfusard.

Tel fut le sens de son engagement dans la cité et à la ligue des droits de l’homme dont il fut le président en Corse au tournant des années 2000, et son conseiller juridique jusqu’à son assassinat, mandat que lui avait confié les instances nationales de la ligue.

Antoine était un homme libre, un homme éclairé et généreux. C’était aussi un ami pour mes enfants, ma femme et moi-même avec ce que cela signifie de fidélité, d’amour et de liens profonds et sincères avec toi, Jeanine, avec toi Anna-Maria, avec toi Paul. 

Désormais, Monsieur le Maire, lorsque j’arpenterai cette rue, mon regard évidemment se portera vers la plaque qui porte le nom d’Antoine. Et je verrai se dessiner, je vois déjà se dessiner son visage souriant, Antoine savourant une nouvelle victoire contre l’injustice, pour la dignité, celle d’avoir chassé des murs de notre bonne ville d’Ajaccio, un général qui fut un oppresseur pour les Corses. Une fois de plus, un coup de maître !"

Corse-Matin 04/02

dimanche 28 janvier 2018

Communiqué : convocation de la présidente de l'Associu Sulidarità

La présidente de l'Associu Sulidarità est convoquée à Paris, ce mardi 30 janvier, devant le juge antiterroriste pour recel de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

La LDH Corsica suivra avec attention particulière cette procédure qui se déroule dans un contexte sensible et que l'on voudrait résolument porté vers l'apaisement.

Présence au rassemblement de soutien à Ajaccio le mardi 30

samedi 20 janvier 2018

Situation politique corse : les enjeux démocratiques et sociaux - Conférence de presse en présence de Alta Frequenza, Corse-Matin, Corsenetinfos, France 3 Corse Via Stella, Télé Paese

Conférence de presse                                                  Ajaccio, le 20/01/2018

Depuis près de quatre ans, au travers de plusieurs scrutins, les deux dernières élections territoriales, la dernière législative et la dernière élection municipale, les Corses ont exprimé et confirmé des attentes politiques précises : plus de droit, plus de responsabilité, plus de reconnaissance et plus de maîtrise de leur destin.

Le dialogue qui semble vouloir être engagé du côté du gouvernement doit prendre en compte ces aspirations et non pas rappeler systématiquement des lignes rouges à ne pas dépasser.

La question des prisonniers politiques constitue un des enjeux de ce dialogue attendu par les Corses. A terme, il doit signifier l’autodissolution des organisations clandestines et la fin de la répression politique. Dans l’immédiat, du côté de l’Etat et conformément à la loi, il doit se concrétiser par le rapprochement de tous les prisonniers politiques. La question de l’inscription au FIJAIT doit être aussi examinée attentivement. Les conséquences de cette inscription suscitent des protestations légitimes et provoquent de nouvelles tensions.
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Les évènements de Borgo ne doivent pas être un prétexte pour ajourner une fois de plus les rapprochements. La LDH apporte son soutien aux fonctionnaires agressés et blessés. Le ou les coupables doivent être punis. Mais comment ne pas constater une gestion paradoxale de l’administration pénitentiaire. D’une part, en qualifiant de détenus particulièrement surveillés certains prisonniers politiques, cette administration entrave leur rapprochement tout en leur reconnaissant un comportement sans problème voire exemplaire depuis leur incarcération. D’autre part, elle n’informe pas ses personnels de l’incarcération de détenus particulièrement dangereux comme c’est le cas aujourd’hui à Borgo.
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Lors de son récent déplacement en Corse, madame Gourault a fait plusieurs annonces qui permettent enfin d’envisager un dialogue. Elle a notamment annoncé la possibilité d’une inscription de la Corse dans la Constitution. La constitutionnalisation de la Corse est la suite logique des évolutions institutionnelles que connaît la Corse depuis plusieurs décennies. Elle garantirait une reconnaissance de la singularité corse au plus haut niveau législatif. Cette annonce doit désormais être confirmée au plus vite pour entrer pleinement dans un calendrier de travail.

La possibilité d’une plus grande maîtrise de notre destin via un droit à la différenciation législative constitue aussi une perspective intéressante. Elle donnerait plus de pouvoirs de décision aux élus. Par voie de conséquence, elle doit donner plus de droit politique aux citoyens, notamment celui de voter ou d’être élu quels que soit sa filiation ou son lieu de naissance.

Pour illustrer ce que pourrait être une mise en œuvre du droit à la différenciation, madame Gourault a établi un lien entre ce nouveau droit et la loi Littoral, suscitant des protestations légitimes. L’Etat a rectifié ce propos. Toutefois, celui-ci est révélateur d’une empreinte forte de la désanctuatisation sur le modèle de développement de la Corse envisagé par l’Etat et revendiqué par certains élus et acteurs économiques. L’entreprise, l’accumulation capitalistique, la déréglementation sont au cœur de ce modèle. Le creusement des inégalités sociales et territoriales en sont les conséquences. L’abstention lors de la dernière élection territoriale est l’expression de la mise à l’écart de plus en plus de citoyens de ce projet de société déjà à l’œuvre.

Le développement de la Corse ne saurait être projeté sans une responsabilité sociale et environnementale que partagent l’Etat et les élus, mais les citoyens au travers notamment des syndicats et des associations. Le conseil économique social culturel environnemental constitue un interlocuteur. Au-delà, c’est l’ensemble des associations et des citoyens qui doivent être parties prenantes des discussions entre l’Etat et la Corse. Le dialogue attendu est aussi celui d’une autre démocratie. 

France 3 Corse Via Stella - Corsica Prima 20/01

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Corse-Matin 21/01
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